CECI n'est pas EXECUTE Mondes américains : Ouvrages parus en 2012

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Ouvrages parus en 2012

Sophie Noël « L'édition indépendante critique : engagements politiques et intellectuels » 2012.

L'histoire de l’édition depuis les années 1980 ne se réduit pas à l’emprise, si souvent commentée, des grands groupes et des logiques commerciales. La période récente a également vu l’apparition de petites structures éditoriales qui revendiquent une position « critique » et qui, pour certaines, parviennent à s’inscrire dans la durée en dépit des nombreuses difficultés économiques qu’elles rencontrent.

Sophie Noël a mené une enquête approfondie sur ces éditeurs « indépendants », dont elle restitue les résultats dans cet ouvrage. Elle a étudié une trentaine de maisons d’édition qui, apparues entre 1985 et2005, publient principalement dans le domaine de la critique sociale et s’emploient à concilier les exigences de l’excellence intellectuelle et de la radicalité politique. L’analyse s’attache notamment à l’économie, souvent très précaire mais à forte portée symbolique, de ces petites structures. Qui sont ces éditeurs qui incarnent la résistance à une certaine marchandisation de la culture ? Dans quelle mesure leur catalogue se démarque-t-il de ceux des grosses maisons et des grands groupes ? Comment expliquer leur « vocation » et leur dévouement aux valeurs fondatrices de l’édition ? À quelles conditions les plus heureux d’entre eux parviennent-ils à survivre ?

Cette analyse, au-delà de sa contribution à la sociologie de l’édition, livre des clés pour comprendre les mutations et les contradictions contemporaines des secteurs culturels et réfléchir aux stratégies de résistances qui peuvent être déployées face à la montée en puissance de la rationalité marchande.

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Jean-François GASPAR « Tenir ! Les raisons d’être des travailleurs sociaux », La découverte, octobre 2012.

En dépit d’une faible reconnaissance scientifique et de rétributions économiques moyennes, le travail social, aujourd’hui accusé de favoriser l’assistanat, continue d’attirer de nouvelles recrues. Venir en aide, insérer socialement, diminuer les souffrances, agir sur leurs causes, sinon changer le monde, restent des objectifs mobilisateurs. Les engagements des travailleurs sociaux sont cependant mis à mal par la restriction des moyens dont ils disposent.

Comment expliquer la pérennité des vocations et la persistance des investissements ? Comment font-ils pour tenir ? Tel est l’objet de ce livre, fruit d’une enquête ethnographique de longue durée. Prenant au sérieux les pratiques, même les plus triviales, elle a mis en évidence les différents modes de présentation qu’adoptent les travailleurs sociaux et les registres qu’ils mobilisent pour rendre compte de ce qu’ils sont et de ce qu’ils font. Elle a conduit à dégager trois pôles : les travailleurs sociaux cliniques trouvent leur énergie dans l’atténuation de la souffrance des usagers, les travailleurs sociaux militants dans le travail politique qu’ils entreprennent et les travailleurs sociaux normatifs dans la sensibilisation au respect des règles, perçu comme facteur d’intégration.

Parce que le sens attribué à l’engagement est sans cesse questionné et parce que le désenchantement les guette, le livre montre les ajustements et réajustements qui ponctuent leur carrière et influent sur leurs «raisons d’être ».

 

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Franck Poupeau  « Les mésaventures de la critique », Paris, Raisons d'agir, septembre 2012.

« Refonder la gauche » : tel est le leitmotiv de ces deux dernières décennies, au sein des courants anticapitalistes, des mouvements altermondialistes ainsi que des gauches de gouvernement. Tous peinent néanmoins à exercer un contrepoids effectif aux politiques néolibérales et conservatrices, tant et si bien que nombre de militants se confinent dans des formes culturelles de contestation, quand d’autres délaissent les partis, les syndicats et même les associations. Ce retrait sanctionne surtout l’incapacité à faire exister des mouvements sociaux qui puissent à la fois soutenir les luttes minoritaires, participer aux conflits du travail et défendre les droits sociaux.

Les sciences sociales ont leur part de responsabilité dans cette situation : plutôt que mettre au jour les modes de domination par lesquels les opprimés adhèrent à un ordre capitaliste dont ils sont pourtant les premiers à pâtir, elles discourent à l’envi des classes populaires, renforçant le fantasme d’un « peuple » révolté cher à la pensée critique ; à moins que, inversement, elles ne mettent leur expertise au service de la paix sociale. Une critique de gauche devrait au contraire produire et rendre disponibles les savoirs dont les individus ont besoin pour déjouer les formes de domination qui les assujettissent, et pour accéder à des formes collectives de politisation qui, seules, peuvent les émanciper.

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Paul Dirkx : La concurrence ethnique, La Belgique, l’Europe et le néolibéralisme, 2012.

Depuis plusieurs années, les « problèmes entre Flamands et Wallons » sont devenus tellement aigus qu’ils semblent hypothéquer le fonctionnement de l’État en Belgique. Pourtant, ils ne sont qu’une fiction dont les auteurs politiques, économiques et médiatiques ne clarifient jamais les enjeux et fournissent encore moins les clefs d’analyse. Ce livre montre que ces « problèmes » demeurent incompréhensibles si on ne les rapporte pas à la politique très spéciale de l’État belge depuis sa fondation. Ses inlassables efforts en faveur d’un ordre mondial libéral se sont accompagnés sur le plan intérieur d’une fédéralisation économique et communautariste, faisant de cet État un pionnier de l’ethnolibéralisme dont on trouvera plus tard des variantes en Espagne, en Italie, en Grande-Bretagne, etc.

Un peu partout sur le continent, l’affirmation identitaire et le dogme néolibéral du « dégraissage » de l’État se renforcent mutuellement en vertu du fameux « principe de subsidiarité » bien fait pour désarticuler les États-nations et leurs systèmes de sécurité sociale. Jamais l’imbroglio belge n’a confirmé de manière aussi flagrante et à la fois aussi méconnue l’alliance objective entre (néo)libéraux et ethnonationalistes, incarnée par les séparatistes de la N-VA, désormais premier parti du pays qui trahit à peu près tous les idéaux du mouvement flamand originel. Et jamais la « construction européenne » ne s’est avérée aussi compatible avec la déconstruction d’un État membre.

Ce livre entend ainsi donner de nouvelles armes à ceux qui, en Belgique comme ailleurs, entendent mieux comprendre et donc combattre ce qui fait que l’opinion des citoyens est encore et toujours un détail de l’histoire belge et européenne.

Paul Dirkx (Bruxelles, 1966) enseigne à Nancy 2 la sociologie de la littérature et de la presse. On lui doit notamment une Sociologie de la littérature (2000) ainsi que Les « amis belges ». Presse littéraire et franco-universalisme (2006). Il est rédacteur en chef de la revue FrancoFonie du Centre d’étude des francophones en Flandre. Il est membre de l’association Savoir / Agir.

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