CECI n'est pas EXECUTE Mondes américains : Ouvrages parus en 2011

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Ouvrages parus en 2011

Bertrand Réau "Les Français et les vacances", Paris, Éditions du CNRS, 2011.

Club Med, Terres d'aventures, tourisme social et solidaire, art du bronzage et du farniente, activités sportives, rituel de l'apéritif, langage des corps sur la plage et stratégies de séduction… 45 millions de Français partent chaque année en vacances, espace-temps révélateur des différences sociales et des styles de vie qui façonnent notre regard sur l'autre et sur nous-même. Le loisir fut longtemps l'apanage de l'aristocratie. L'avènement des congés payés et les lois sur la réduction du temps de travail ont entraîné une véritable démocratisation de l'accès au temps libre qui s'accompagne pourtant d'inégalités de plus en plus fortes en matière de départ et de consommations touristiques. Ainsi, la diversification de l'offre ne signifie pas forcément diversité des publics. Jeu de rôles autant que mode de distinction, le temps de vacances interroge plus que jamais nos représentations et nos usages du temps libre. Souvent négligés, les entrepreneurs de loisirs jouent aussi un rôle capital : maintenir l'écart entre les classes. L'enquête de Bertrand Réau ouvre une réflexion passionnante sur le temps et la consommation des loisirs dans notre société. Une étude vivante et documentée sur les enjeux de la « fête du moi » que constituent les vacances.

couverture

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"L'ÉLITE AU POUVOIR" : C. Wright Mills

Préface de François Denord

Traduit de l'anglais par André Chassigneux

Nouvelle édition revue et actualisée

L'élite au pouvoir est composée d'hommes dont la position leur permet de transcender l'univers quotidien des hommes et des femmes ordinaires ; ils sont en position de prendre des décisions aux conséquences capitales. Ils commandent les principales hiérarchies et organisations de la société moderne. Ils font marcher la machine de l'État et défendent ses prérogatives. Ils dirigent l'appareil militaire. Ils détiennent les postes de commandement stratégiques de la structure sociale, où se trouvent centralisés les moyens efficaces d'exercer le pouvoir et de devenir riche et célèbre.

Ce livre offre des outils pour penser les catégories dirigeantes : différenciées à leur base, elles s'imbriquent à leur sommet et dépossèdent le grand public de son pouvoir sur la vie démocratique. Cette élite est clientéliste, clanique et corrompue. Le livre détaille les conditions qui permettent à une telle situation de perdurer et entend expliquer comment le débat public se restreint souvent à un débat entre prescripteurs d'opinions.

Charles Wright Mills, universitaire américain atypique, souvent dépeint comme une force de la nature, fut une icône de la gauche intellectuelle des années 1960. Motard, excessif, mort à 45 ans d'une crise cardiaque, il ne dépareillait pas d'un James Dean ou d'un Jack Kerouac. Peu de chose inclinait pourtant ce fils d'un agent d'assurances à se muer en une égérie de la sociologie critique.

Membre du Centre de sociologie européenne, François Denord, qui a préfacé et actualisé ce livre, travaille sur les idéologies économiques et la structure des élites dirigeantes en France.

En librairie depuis le 16 mars 2012

Collection "L'ordre des choses" - 612 pages - 26 euros

Achat en ligne

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Gisèle Sapiro, La Responsabilité de l'écrivain : Littérature, droit et morale en France, XIXe-XXIe siècles

Éditions du Seuil, Collection Sciences humaines /Histoire, 2011.

Présentation :

Un écrivain peut-il tout dire et, si non, quelles sont les limites que la société et l'époque lui assignent ? Un écrivain doit-il tout dire et, si oui, les lois de la République des lettres lui font-elles obligation d'enfreindre celles du pouvoir et de la morale ?

Depuis le XVIIIe siècle, les discours sur les dangers de la lecture et l'influence subversive des hommes de lettres sur les esprits confortent la croyance dans les pouvoirs de l'écrit. Face à eux, tenants de l'art pour l'art et partisans de l'engagement des intellectuels se retrouvent autour de la défense d'une éthique propre à la littérature. Ces débats, hantés à l'origine par la mémoire des événements révolutionnaires et profondément redéfinis au moment de l'épuration par la « collaboration de plume », n'ont cessé depuis deux siècles d'animer les prétoires, le Parlement et les colonnes de presse.

Cet ouvrage en restitue toute l'importance, intellectuelle et politique, à travers l'étude de quatre moments-clés, qui marquent autant d'étapes dans l'histoire de la liberté d'expression et de la morale publique en France : la Restauration, le Second Empire, la Troisième République et la Libération. On y revisite des procès célèbres : ceux de Béranger, Courier, Flaubert, Baudelaire, ceux des naturalistes et, à partir d'archives inédites, ceux des intellectuels collaborationnistes.

L'épilogue examine la redéfinition de ces enjeux des années 1950 à nos jours : les formes de censure se font plus discrètes, la parole de l'écrivain a perdu de son poids dans l'espace public, mais l'actualité montre que la littérature peut et sait encore être scandaleuse.

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Sandrine Garcia, Mères sous influence.  De la cause des femmes à la cause des enfants :

Éditions La Découverte, Collection : Textes à l'appui / Genre & sexualité, 2011, 384 p.

Présentation :

Comment est-on passé de la dénonciation de la « maternité esclave » par le MLF (Mouvement de libération de la femme) à la culpabilisation des mères ? De quelle manière la toute-puissance exercée par les parents sur leurs enfants a-t-elle cédé la place à l'encadrement des mères et des pères par les professionnels de la santé et de l'éducation ?

Interrogeant pour la première fois ces évolutions paradoxales, Sandrine Garcia donne à voir comment, durant la lutte pour la régulation des naissances, de nombreux médecins dénoncent le magistère moral exercé par un Ordre des médecins majoritairement catholique, au profit d'une autorité se voulant uniquement scientifique. Puis, revisitant les étapes majeures de la construction de la « cause de l'enfant », l'auteure montre comment nombre de psychanalystes de l'enfant - en particulier Françoise Dolto - investissent massivement le champ de l'éducation : le destin des femmes passe désormais par le bien-être de l'enfant tel que le définissent ces experts.

Ce brouillage des registres entre clinique et morale aboutit, aujourd'hui, à la dénonciation d'une nouvelle maltraitance : la « violence éducative » qu'exerceraient les parents réfractaires aux bons usages. D'où l'émergence d'un militantisme individuel et institutionnel pour faire sanctionner les « déviances » parentales, au risque de stigmatiser les pratiques les plus éloignées de la norme incarnée par les classes moyennes : celles des milieux populaires.

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Rémy Caveng, Un laboratoire du « salariat libéral » : Les instituts de sondage

Éditions du croquant, coll. "champ social", 2011, 264 p.

Présentation :

Omniprésents sur le devant de la scène politico-médiatique, les professionnels des sondages revendiquent de rendre la société transparente à elle-même par la « révélation » de l'opinion publique. Mais ils cultivent l'opacité des coulisses et protègent jalousement leurs secrets de fabrication. Parfois, à la faveur d'erreurs trop manifestes, il leur arrive d'évoquer certains aspects de leur cuisine interne (pondération, redressement, biais d'échantillonnage...). En revanche, on ne connait pas grand-chose de la production des enquêtes et encore moins de la condition de ceux qui les produisent. Ce silence ne révèlerait-il pas le peu de fierté que les sondeurs en retirent ? Il est permis de le croire au regard du principe sur lequel repose le modèle économique de cette industrie : la flexibilité et de la précarité généralisées. Employés le plus souvent sous des contrats de vacation ponctuels et de courte durée, les salariés d'exécution (enquêteurs, superviseurs, codificateurs, opérateurs de saisie...) ne connaissent aucune sécurité de l'emploi. En recherche permanente de missions et en concurrence les uns avec les autres, ils doivent entretenir des relations quasi commerciales avec les cadres chargés de la distribution du travail et accumuler, par eux-mêmes, le capital de compétences qui les rendra « employables ». Cette condition qui les place à la lisière du salariat et de l'activité indépendante tend à les convertir en petits entrepreneurs d'eux-mêmes. Ce livre s'attache à analyser la condition de ces salariés qui incarnent l'avenir du salariat si on laissait au marché du travail le soin de se réguler lui-même ; un salariat libéral où chacun deviendrait seul responsable de sa fortune ou de sa faillite et dont les conséquences sur la vie des individus pourraient s'avérer désastreuses. Au détour, il interroge la légitimité sociale des entreprises de sondages et questionne la « qualité » de leurs données au regard de ce qu'il est « offert » à ceux qui les recueillent.

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Gérard Rimbert, Vieillards sous bonne garde: Réparer l'irréparable en maison de retraite

Éditions du croquant, coll. "champ social", 2011, 264 p.

Présentation :

Au cours des années 1960, alors que s'accentue en France l'exigence d'humanisation des pratiques d'accompagnement de la dépendance, les résidents des maisons de retraite, de plus en plus âgés et dégradés, sont aussi de moins en moins aptes à manifester leur « humanité ».

Pour échapper à l'image du « mouroir », les établissements mettent en valeur les vieillards les plus présentables, les autres étant, de ce fait même, disqualifiés. Cette organisation contribue à hiérarchiser les tâches et les personnels, distribués entre façade et zone d'ombre. Les tâches d'entretien des relations interpersonnelles et des statuts sociaux s'opposent à celles qui relèvent du simple gardiennage des corps, d'où une hiérarchie au sein du personnel superposable à celle entre « bons » et « mauvais vieux ».

Tenus de réparer l'irréparable, c'est paradoxalement en s'opposant aux règles « humanistes » de l'institution que certains employés des maisons de retraite adoptent des postures réparatrices. La professionnalisation du milieu gériatrique repose, de fait, sur des compétences techniques, mais aussi sur des dispositions morales (comme celles des bénévoles des petits frères des Pauvres).

Jouant de l'observation discrète autant que la participation, confrontant les pratiques les plus refoulées aux discours les plus enchantés, cette enquête sociologique démonte les mécanismes d'une vieillesse à plusieurs vitesses et aide à comprendre ce que signifie au quotidien l'exigence d'endiguer l'irréversible.

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